Plus de cinquante participants, parmi lesquels des chefs locaux, infirmiers titulaires, leaders communautaires et femmes leaders, prennent part à un atelier de sensibilisation sur la Maladie à Virus Ebola (MVE) dans la zone de santé de Lita, en territoire de Djugu, province de l’Ituri.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Réponse communautaire d’urgence à Ebola en Ituri : Prévention, Sensibilisation et Appui », mis en œuvre par le Forum des Mamans de l’Ituri (FOMI). L’atelier vise à renforcer les connaissances des acteurs communautaires afin de prévenir efficacement la propagation de la maladie.
Les participants proviennent des 14 aires de santé que compte la zone de santé de Lita. Au cours des échanges, le facilitateur, Docteur Patience, a retracé l’historique de la maladie depuis sa découverte en 1976 jusqu’à son évolution actuelle. Il a particulièrement insisté sur la nouvelle souche Bundibugyo, dont la progression est décrite comme silencieuse et difficile à détecter.
Les différentes phases de manifestation de la maladie, les modes de transmission, l’Enterrement Digne et Sécurisé (EDS) ainsi que la gestion des alertes communautaires ont également été abordés.
Pour le Médecin Chef de Zone de Santé de Lita, plusieurs facteurs favorisent la propagation rapide de la maladie dans les communautés. Il a notamment cité le refus de certaines personnes de reconnaître l’existence de la maladie, le non-respect des mesures barrières, le recours aux tradipraticiens pour le traitement des cas suspects, certaines croyances véhiculées dans des maisons de prière ainsi que des pratiques socioculturelles à risque.
Face à ces défis, le responsable sanitaire a appelé les participants à renforcer la vigilance communautaire.
« S’il vous plaît, remontez tous les cas d’alerte pour validation au niveau de la zone de santé. C’est notre responsabilité communautaire. Plus nous alertons rapidement, plus nous avons de chances de sauver des vies », a-t-il déclaré.
Très attentifs aux différentes présentations, les participants ont saisi l’occasion pour poser plusieurs questions liées à la prévention et à la prise en charge de la maladie.
Au nom des chefs locaux, les participants ont réaffirmé leur engagement à collaborer étroitement avec les infirmiers titulaires dans la lutte contre Ebola. Ils ont également recommandé que ces derniers soient davantage outillés pour faire face aux défis du terrain.
De son côté, Madame Rogeline, cheffe du service Genre du groupement Luvangire, a plaidé pour l’implication des tradipraticiens dans les campagnes de sensibilisation.
« Les féticheurs doivent être associés aux ateliers sur Ebola. Beaucoup de malades continuent à les consulter dans nos communautés », a-t-elle souligné.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent renforcer l’appropriation communautaire des mesures de prévention afin de limiter les risques de propagation de la Maladie à Virus Ebola dans la zone de santé de Lita.
Il convient de noter que ce projet bénéficie de l’appui technique et financier de l’organisation Trócaire.
Samson Baraka












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