La société civile de l’Ituri reconnaît les dispositifs mis en place aux points de passage, notamment à l’aéroport et aux frontières avec l’Ouganda, où des filtrages et des bornes de désinfection ont été installés. Ces actions témoignent d’une réaction face à l’épidémie d’Ebola, mais elles restent concentrées sur les lieux de voyage et ne couvrent pas toute la ville. Les habitants circulent quotidiennement dans des marchés, parkings et lieux de culte où la surveillance paraît limitée. Le coordonnateur de la société civile provinciale, l’ingénieur Dieudonné Lossa Dhekana, a exprimé ses craintes à la presse en soulignant les faiblesses sur le terrain;« _Le contrôle se fait à l’aéroport aussi dans les frontières, c’est‑à‑dire… qui sort des frontières avec l’Ouganda, mais à l’intérieur la mesure n’est pas encore vraiment renforcée parce qu’il y a encore des endroits où on peut retrouver beaucoup de gens. En tout cas faible dispositif pour le contrôle, par exemple de température dans des points comme des parkings de véhicules, parkings de motos… les gens rentrent à l’église, là‑bas aussi on ne met pas beaucoup l’attention sur la prise de température, mais on voit des désinfectants pour les mains_ . » La principale inquiétude porte sur les sites des déplacés, nombreux dans les enlentours du chef lieu de la province parfois situés en centre‑ville, où la promiscuité et la vulnérabilité des familles augmentent le risque d’une propagation rapide. Ingénieur Dhekana avertit que si Ebola pénètre ces camps « _ce serait encore des catastrophes graves en plus de la situation sécuritaire qui a déjà perturbé la quiétude de la population_ ». Une épidémie dans ces sites compliquerait fortement l’intervention sanitaire et humanitaire.La société civile appelle à un renforcement immédiat et ciblé du dispositif entre autre étendre les contrôles à tous les points de rassemblement parkings, marchés, lieux de culte, systématiser la prise de température, équiper et former les agents de terrain, et intensifier la sensibilisation dans les sites de déplacés. Sans ces mesures rapides, préviennent les autorités locales, des zones mal protégées pourraient devenir des foyers d’épidémie et aggraver une crise déjà marquée par l’insécurité.
Byaruhanga Jonathan












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