À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, le secteur du transport stagne. En l’espace de quelques jours, le prix du litre d’essence a connu une hausse vertigineuse, plongeant les conducteurs de taxi-motos dans une précarité sans précédent. Entre colère et désespoir, la profession appelle les autorités à une intervention urgente.
Une hausse brutale de plus de 50 %
C’est un réveil douloureux pour les habitants de Bunia ce jeudi 26 mars 2026. La pompe affiche des chiffres qui donnent le tournis. Alors que le litre de carburant se négociait encore récemment autour de 3 500 FC, il s’échange désormais contre 5 000 FC, voire 6 000 FC chez certains revendeurs informels, communément appelés « Kadhafi ».
Cette flambée soudaine étrangle les « taximen » dont l’activité dépend entièrement des produits pétroliers.
Sur le terrain, la tension est palpable.
Le dilemme des tarifs : le fossé se creuse avec les clients
Pour survivre, les motards n’ont eu d’autre choix que de doubler le prix des courses. Une décision qui passe mal auprès d’une population déjà essoufflée par l’inflation.
- Le constat : Une course qui coûtait autrefois 1 000 FC est aujourd’hui facturée 2 000 FC.
- La conséquence : Les clients se font rares ou négocient âprement, ignorant parfois la réalité du prix à la pompe.
« Nous ne gagnons pratiquement plus rien », confie un motard interrogé par la rédaction de kimfumu.com. « Après avoir payé le carburant et le versement quotidien au propriétaire de la moto, il ne nous reste même pas de quoi nourrir nos familles. »
Au-delà du transport, cette crise énergétique risque d’entraîner des conséquences en cascade sur la vie des Buniatropes et des Ituriens :
- Hausse des prix des denrées alimentaires : Les produits venant des périphéries de Bunia dépendent des motos pour leur acheminement vers les marchés centraux.
- Paralysie de la mobilité : De nombreux travailleurs et étudiants se retrouvent contraints de parcourir de longues distances à pied.
- Risque sécuritaire : Le secteur des taxi-motos absorbe une grande partie de la jeunesse. Une baisse de revenus drastique dans ce secteur pourrait accentuer l’insécurité urbaine.
Face à ce qui ressemble à une asphyxie économique, les syndicats de transporteurs et les conducteurs individuels pointent du doigt le silence des autorités. Ils exigent une régulation stricte des prix et une vérification des stocks auprès des importateurs pour éviter toute spéculation illicite.
Si rien n’est fait pour stabiliser le prix des hydrocarbures, la ville de Bunia court vers une paralysie totale de ses activités économiques. Alerte expert économique, anonyme.
Rédaction !












Leave a Reply