A Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, la lutte contre l’épidémie d’Ebola est compromise par des problèmes internes qui fragilisent l’équipe de riposte. Deux conseillers de la commune de Nyakasanza, qui ont visité le centre de traitement de l’hôpital général de référence de Bunia vendredi dernier, décrivent une situation très déplorable avec des agents démoralisés, absence d’équipements et retards de paiement des primes.
Selon le conseiller Nguna Bahati Olivier, de nombreux prestataires engagés pour la réponse n’ont reçu aucune rémunération depuis leur recrutement. Cela fait plus d’un mois que les primes promises par le gouvernement congolais n’ont pas été versées, dit-il.
Pour ces agents, travailler sans rémunération aggrave la fatigue et la peur, alors qu’ils prennent quotidiennement des risques face au virus. Nguna Bahati insiste sur le sort des équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés.
« Cela fait un mois et 14 jours, et ils n’ont rien touché, pas même 100 francs congolais », rapporte-t-il.
Il alerte sur la démotivation croissante et appelle le ministère de la Santé à intervenir rapidement pour protéger le moral et la sécurité de ces personnels.
De son côté, le conseiller Georges Muno signale un manque important d’équipements de protection à l’hôpital général. Sans tenues, gants et masques en nombre suffisant, les agents ne peuvent pas assurer correctement les soins ni les funérailles sécurisées, ce qui expose davantage la population et le personnel soignant au risque de contamination.
Les conseillers demandent des mesures concrètes entre autres, paiement immédiat des primes, dotation en équipements de protection individuelle et amélioration des conditions de travail, y compris la garantie d’un repas pour les équipes sur le terrain. Ils soulignent que la prise en charge des agents est une condition essentielle pour une riposte efficace et pour contenir l’épidémie.
Face à ces alertes, les autorités sanitaires nationales et provinciales sont invitées à clarifier le calendrier des paiements et l’état des stocks d’équipement, et à mobiliser rapidement les moyens nécessaires. Sans actions rapides, la capacité de la riposte à maîtriser Ebola à Bunia risque d’être sérieusement affaiblie.
Byaruhanga Jonathan












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